Déplacements urbains : des moyens aujourd’hui, des progrès demain.
Samedi, décembre 27th, 2008Les centres de nos villes sont saturés et l’air que nous y respirons aussi. Quelles pratiques pouvons-nous choisir dès demain pour améliorer notre quotidien ?
La voiture
Sur les 300 000kms parcourus par une voiture, 200 000 en moyenne le sont en zone urbaine et périurbaine quand 80% des véhicules sont occupées par leur seul conducteur.
Aujourd’hui fleurissent dans les grandes villes des systèmes d’autopartage. Plutôt que d’être l’unique propriétaire de sa voiture, qui reste la plupart de son temps au parking, entraînant des coûts inutiles, l’utilisateur dispose d’une voiture pour la durée de son choix. Il choisit la durée de réservation, le type de véhicule selon son besoin et l’endroit où il va le récupérer. Tout cela sans guichet, à l’aide d’une clé magnétique qui déverrouille les portières du véhicule choisi. Le coût kilométrique facturé ainsi que l’éventuel abonnement comprend l’ensemble des dépenses normalement supportées par le seul propriétaire : carburant, assurances, entretien, taxes etc… Cette solution existe dans de très nombreuses villes françaises et connaît un succès grandissant partout en Europe.
Le covoiturage, qui se met en place naturellement lors de grèves, est surtout utile dans le cas de déplacements travail-domicile où des collègues choisissent de n’utiliser qu’une seule voiture pour un même trajet, partageant ainsi les frais. Des organismes, notamment sur internet, facilitent la mise en relation des utilisateurs.
Ces systèmes, alliés aux progrès des constructeurs en matière d’émissions polluantes des véhicules, peuvent dès maintenant réduire le trafic et les pollutions de manière significative.
Hybride, pile à combustible, hydrogène, où en est-on ?
Dans le chapitre des solutions pour une voiture plus propre, les pistes sont nombreuses. Nous ne parlerons pas ici des agro carburants, injustement qualifiés de « bio », qui viennent de l’agriculture conventionnelle à grand renfort de pesticides, faisant leur entrée sur les marchés spéculatifs, et qui ne représentent donc pas une solution plausible tels qu’ils sont développés actuellement.
La première voiture à rechercher une plus faible empreinte écologique apparue sur le marché est la voiture hybride, qui allie énergie fossile et énergie électrique. Cela permet de consommer et de polluer moins. Aujourd’hui, tous les constructeurs s’y mettent, mais ces voitures consomment toujours du carburant issu du pétrole, et l’énergie grise* dépensée pour leur fabrication reste sujet à controverse.
Les véhicules purement électriques sont toujours en phase de développement et de nombreuses questions se posent, durée de vie des batteries et possibilités de recyclage notamment. De plus, la majorité de l’électricité produite dans le monde l’est grâce au charbon, grand émetteur de CO2. Les technologies nucléaires sont quant à elles extrêmement risquées et la gestion des déchets qu’elles occasionnent reste largement sujette à débat.
La pile à combustible et l’utilisation d’hydrogène représentent des solutions d’avenir car ce combustible est présent partout (90% des atomes de l’univers) mais les problèmes de production et de stockage sont nombreux.
L’invention de Guy Nègre, la voiture à air comprimé, est sans aucun doute pleine d’avenir. Consommation de 2 litres aux 100 kms, 3 fois moins d’émission de CO2 qu’un moteur de même puissance, cette invention a déjà conquit de nombreux partenaires et séduira sans doute un large public.
Une autre solution est peut-être dans les travaux de Stanley Meyer et de sa Water Full Cell. Cet inventeur allait jusqu’à dire que son système permettrait de produire de l’énergie gratuite, en dissociant les molécules d’eau en hydrogène avec une efficacité inégalée. Se confrontant aux détenteurs de l’énergie payante, il eut du mal à convaincre du bien fondé de ses recherches. Aujourd’hui la NASA et l’US Air Force explorent ses pistes, preuve de leurs pertinences.
D’autres recherches existent sur des énergies « propres », mais l’énergie la plus « verte » reste évidemment celle que l’on ne consomme pas.
Les transports en commun
Le grand avantage des transports en commun est leur charge utile plus élevée que les véhicules particuliers. Ainsi, en moyenne, l’utilisation d’un autobus consommera 3 fois moins de carburant, polluera 10 fois moins et utilisera 4 fois moins d’espace qu’une voiture. Le coût des infrastructures est également moins élevée : une ligne de tramway coûte 5 fois moins qu’une voie routière de même débit.
L’amélioration du confort, de la fréquence et des zones desservies ainsi que la prise en charge d’une partie du coût de fonctionnement par les pouvoirs publics permet aux transports en commun de conquérir de larges publics.
Les 2 roues
Les 2 roues quant à eux présentent des avantages importants de rapidité, de coût d’achat et d’entretien, mais aussi des inconvénients de vulnérabilité par rapport au trafic ou à la pollution, inconvénients qui disparaissent au fur et à mesure de la baisse du nombre de voitures. La ville de Strasbourg a par exemple chassé les voitures du centre ville dès 1992. Elle a ainsi favorisé le développement de « nouveaux » moyens de transport comme le tramway ou le vélo. Aujourd’hui, 10% des trajets en ville se font en vélo à Strasbourg. L’apparition de l’assistance électrique permet même aux moins sportifs de franchir le pas. Et les initiatives comme le Vélib’ à Paris ou le Vélov’ à Lyon constituent une solution pratique à petit prix.
De nombreuses villes européennes réfléchissent au moyen de limiter le trafic routier dans les centres villes. Londres, Milan ou encore Oslo ont mis en place un système de péage urbain. Et malgré le mécontentement des automobilistes, les mentalités évoluent. Ainsi, à Stockholm, après le test du système, 53% des interrogés se sont dit favorables à l’application d’un péage urbain. C’est peut-être là le but principal de ces mesures incitatives : faire évoluer les mentalités. Celui qui se déplace à vélo appréhende la ville de manière différente tout en profitant d’une activité physique quotidienne, celui qui choisit de partager sa voiture s’autorise à recréer du lien social.
Nous savons maintenant que nos pratiques quotidiennes doivent évoluer. Ce challenge est formidablement excitant car ce sont bien nos choix personnels qui façonneront l’avenir, et nous avons la chance d’en être les inventeurs.
* : L’énergie grise est l’énergie totale dépensée pour la fabrication et le transport d’un produit jusqu’à son lieu de commercialisation.
Source : MarcelGreen-Lionel Sautet














