Mon bio jardin, roi d’un salon très nature
Hervé Le Gal, forgeron à Plumelec façonne ses bio bêches pour un jardinage plus respectueux des rythmes de la terre.
Le 4e salon Vannes côté jardin se poursuit, ce dimanche, sous les remparts. La tendance est aux produits naturels. C’est gratuit, mais très payant d’écouter les exposants.
Envie d’un produit anti-limace 100 % naturel ?
Difficile de passer à côté de Gaston, l’alerte septuagénaire, du Jardin de Balgan à Séné. Il distribue ses cosses de blé noir à l’entrée de Vannes côté jardin, coté porte Prison. « Souvenez-vous de votre grand-mère : crottin de cheval et fumier. Un jardin, c’est zéro chimique », professe ce camelot, dont l’humour repose sur des humeurs. « Avec les études, on a tout perdu. Je vais vous faire une démonstration à bac – 2 ou comment chasser les escargots et limaces avec des cosses de blé noir. »
L’homme de l’art se mouille le doigt et simule le ventre de la limace sur lequel viennent se coller les cosses. « Comment voulez-vous qu’elles ne fassent pas demi-tour avec ça. »
Quand le sarrasin est devenu farine, la cosse « fait un paillage et un humus naturels qui préservent l’humidité de la terre. Aujourd’hui, c’est gratuit. Mais l’essayer, c’est l’approuver. Vous m’en achèterez », promet Gaston en donnant un sac avec son telephon.
Raymond, de Questembert, acquiesce. « Il m’a fait découvrir le produit. Je l’ai rappelé. Il m’en a livré 500 kg. Et c’est efficace. J’ai renoncé aux produits phytosanitaires. J’ai beaucoup moins de limaces dans mes fleurs et la terre est bien moins sèche qu’avant. » Gaston, camelot, pas bonimenteur.
Envie de jouer le bio bêcheur dans votre jardin ?
Question bio bêche, Hervé Le Gal, forgeron à Plumelec, a du choix : de 3 à 6 dents, façonnées de la main. « Si on m’en retourne 2 sur 3 000, c’est bien le maximum », promet cet artisan qui jure ne rien avoir inventé. « Autrefois, il y avait autant de forgerons que de bistrots. Quand on avait besoin d’un outil, on allait voir son forgeron et on lui demandait de fabriquer celui dont on avait besoin. »
Ses bio bêches se vendent un peu partout en France. Le bouche-à-oreille, rien de tel quand l’outil ne trahit pas la cause, philosophe en substance ce fabricant, autant porté sur l’éthique que sur l’étiquette. « On décompacte la terre, sans la perturber ni la retourner comme on fait avec une bêche. Avec ces outils, on travaille 10 fois plus vite qu’avec une bêche et bien plus confortablement. » Un outil pour les « bio joueurs », pas bêcheurs.
Envie d’un taureau de décoration dans votre jardin ?
Adressez-vous à Ingrid Michel et Frédéric Pain de Binôme jardin, à Champigny-sur-Marne. Ces sculpteurs réalisent des animaux en résine pour agrémenter parcs et jardins.
Ils sont venus avec trois spécimens impressionnants : un taureau charolais, à l’échelle – sauf qu’il pèse 100 kg au lieu d’1,6 tonne – et un cerf et une biche, patinés façon rouille. « On voulait allier nos deux passions, la sculpture et le jardin », résume Ingrid, ancienne élève de l’école Boulle. C’est très réussi, même s’il faut le jardin qui va avec.
Source : maville.com-D.R.