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Les coccinelles s’en vont en guerre biologique

Bernard Lauga et Marc Lascaray lors de la pose de larves de coccinelles. (PHOTO PHILIPPE SALVAT)

Féroce la coccinelle ! Sous ses apparences placides de bête à Bon Dieu et avec sa sympathique silhouette de Volkswagen, c’est une redoutable prédatrice d’une cruauté inouïe qui se nourrit essentiellement de pucerons. Le fauve minuscule dont la voracité est sans limite peut en engloutir jusqu’à 100 dans la même journée ! Pour se repaître de ses proies, elle injecte sa salive dans sa victime qui se ramollit, ensuite elle la broie avec ses puissantes mandibules de dinosaure miniature ou elle en aspire le contenu comme un adolescent le ferait avec une paille d’une boisson gazeuse aux extraits naturels végétaux ; le puceron se dégonfle alors comme un ballon ce qui est un spectacle insoutenable mais qui fait toujours ricaner les enfants.

La coccinelle ne dédaigne pas aussi les chenilles ou les acariens, parfois même les spores de champignons et les débris végétaux en dessert. Ce que l’on dit moins dans les journaux, c’est que la coccinelle peut aussi se comporter en parent indigne : les jours de disette, elle se régale de ses propres bébés ce qui est parfaitement immoral et contraire aux principes élémentaires de la civilisation.

Il n’en demeura pas moins que la coccinelle malgré tout, avec son inimitable carrosserie rouge avec des pois noirs (elle peut être aussi jaune avec des pois noirs, mais c’est une série limitée) est l’amie du jardinier et un concurrent sérieux aux insecticides. La ville de Dax l’a d’ailleurs adoptée depuis 3 ans pour se débarrasser des pucerons qui, dès le printemps venu, partent à l’assaut des tendres feuilles des lagerstroemias. Cela s’appelle en langage codé la PBI, que l’on peut traduire en Protection biologique intégrée. Depuis 8 ans, les serres municipales développent la PBI.

Bombes à retardement

Ce sont des petits sachets en toile de jute contenant une cinquantaine de larves de coccinelles, véritables bombes à retardement qui sont installées par les jardiniers de la commune aux branches de 250 arbres et arbustes dans le centre-ville et dans les cours d’écoles maternelles. Ces larves, connues sous le nom affectueux d’Adalia bipunctata, vont tranquillement se développer en croquant à belles dents les pucerons avant d’endosser leur carapace rouge de combattants bio. Elles s’envoleront ensuite pour de nouvelles aventures et en profiteront aussi pour faire des petits ; énergie renouvelable, 100 % recyclable.

Savon noir

La guerre bio est déclarée depuis une semaine . La première offensive a eu lieu ces jours derniers, une seconde est prévue pour le début du mois de juillet.

L’alternative à la coccinelle employée par les services des espaces verts est des produits biologiques comme le savon noir ou des huiles végétales ou minérales destinées non pas à rendre les feuilles d’arbres glissantes comme des patinoires afin que les pucerons se rompent les os en tombant de l’arbre, mais à étouffer ces minuscules insectes. « Les traitements chimiques sont maintenant abandonnés par la ville de Dax », assure Marc Lascaray, responsable du fleurissement aux services techniques.

« Efficacité garantie assure Bernard Lauga, élu Vert de la municipalité. Certes, le traitement bio revient beaucoup plus cher que le traitement chimique, mais c’est le prix du respect de l’environnement : 2,30 ? par arbre avec le traitement PBI contre 0,70 ? en traitement chimique… » Moins de pesticides, moins de cochonneries dans la nature. Qui s’en plaindra ? Certainement pas les coccinelles.

Source : Sudouest.com-Didier Piganeau (d.piganeau@sudouest.com)

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Date
mai 19th, 2009

Author
amy

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