L’éco-construction n’est plus réservée aux rêveurs
L’éco-construction bénéficie des campagnes de sensibilisation au développement durable. Le salon se poursuit jusqu’à demain soir. (photo a. b.)
Au commencement, il y a une charte. Pour les plus incrédules, il faut préciser qu’il ne s’agit pas des dix commandements. « C’est une charte où des entrepreneurs s’engagent à travailler selon une certaine éthique environnementale. Nous sommes un groupement associatif », précise Pascal Fournigault, membre de l’Écopôle du Pays de Montaigne-Montravel.
Depuis avril 2007, ils sont ainsi une vingtaine de professionnels de l’éco-construction à mutualiser leurs compétences pour proposer une autre vision de l’habitat, où économies d’énergie et matériaux non polluants sont les maîtres mots. « Avec l’Écopôle, on couvre tous les corps de métier pour le bâtiment et la construction. Notre richesse, c’est de pouvoir proposer à nos clients de réaliser non seulement leur habitation, mais aussi l’aménagement extérieur et le paysage. Aujourd’hui, un habitat, ce n’est plus seulement une maison posée sur un terrain ! »
Sensibilisation en marche
Depuis quelques années, le secteur de l’éco-construction progresse et le public est plus sensible aux questions d’environnement. « Le réchauffement climatique, le prix des énergies… Il faut reconnaître que ce sont des thèmes qui sont porteurs. Aujourd’hui, les clients acceptent un surcoût (qui tourne généralement autour de 30 %), car ils ont compris que l’intérêt était également qualitatif. Nos matériaux vieillissent mieux, l’isolation est meilleure, on fait vite des économies », argumente Gaëtan Perissé, spécialisé dans les « matériaux propres ».
Les clients ne sont d’ailleurs pas les seuls à l’avoir compris. Certaines banques commencent à tenir compte de ces critères pour accorder des plafonds supérieurs à leurs crédits, et certaines choisissent même le taux d’intérêt en fonction du degré écologique du projet à bâtir.
Les collectivités locales s’intéressent aussi de près à la question. « Outre le fait que notre groupement bénéficie de subventions du Conseil général, de la Communauté de communes ou du ministère de l’Environnement, les municipalités commencent à regarder de près leurs dépenses en énergie, et nous contactent », constate Bertrand Quattrocchi, ingénieur d’un bureau d’étude en bio-construction.
Une zone artisanale
Et la terre promise dans tout ça ? « Nous avons en projet une zone artisanale qui permettrait de nous regrouper géographiquement. L’idée, ce serait d’aménager toute la zone selon des critères écologiques, de la voirie aux bâtiments. Ce serait une première en Aquitaine, et cela nous permettrait d’avoir une meilleure visibilité. »
Habitat expo, salon de l’éco-construction et des énergies nouvelles, encore aujourd’hui et demain, à la salle Anatole-France, de 10 heures à 19 heures. Entrée : 3, 50 € ; gratuit pour les moins de 14 ans.
Source : SudOuest-Arnauld bernard
sec.bergerac@sudouest.com
