Europe-Ecologie joue la « relance verte » pour la crise… et les européennes
A tout juste deux mois des élections européennes, le rassemblement Europe-Ecologie de Daniel Cohn-Bendit, premier parti en campagne dès l’automne, a dévoilé son projet lors de son premier grand meeting, prônant la « relance verte » face à la crise.
« Notre programme, c’est un programme de transformation du capitalisme » avec les idées écologistes, a déclaré M. Cohn-Bendit, devant plus de 1.500 personnes réunies à Toulouse où l’altermondialiste José Bové, tête de liste dans le Sud-Ouest, a également demandé une « Europe sans OGM ni dans les champs, ni dans les assiettes ».
« Il faut une réponse globale, une réponse écologique » à la crise, a dit Cécile Duflot, secrétaire nationale des Verts.
Avec la « conversion écologique de l’économie », « on ne souhaite pas traiter les symptômes mais soigner les véritables origines de la crise« , a ajouté Yannick Jadot, ex-Greenpeace et tête de liste dans l’Ouest.
Le « contrat écologiste pour l’Europe » qui tient en 68 pages, définit neuf piliers: emploi, énergie, agriculture, droits sociaux, santé, biodiversité, droits humains et lutte contre les discriminations, connaissance et solidarité internationale.
27 propositions au total, en résonance avec le « Manifesto » des Verts européens, programme commun des écologistes dans les 27 pays de l’UE.
En vrac, il s’agit d’organiser un « Bruxelles de l’emploi » pour créer « 10 millions d’emplois sur cinq ans ».
Europe-Ecologie se prononce également « pour un bouclier social européen » avec la « garantie d’un revenu minimum d’existence » et un « revenu maximum acceptable » en Europe, mais aussi pour un « pacte européen contre l’exclusion ».
« Il s’agit maintenant de nous positionner dans la situation politique d’aujourd’hui par rapport aux autres », a expliqué à l’AFP M. Cohn-Bendit, tête de liste en Ile-de-France avec l’ex-magistrate Eva Joly.
Selon un sondage Ipsos (19 mars), Europe-Ecologie ferait jeu égal (9%) avec le NPA d’Olivier Besancenot, juste derrière le MoDem (10%). En décembre, les sondages le créditaient de deux points de mieux (11%).
Le signe d’une campagne commencée trop tôt qui peine à s’adapter aux conséquences sociales de la crise?
« On n’est pas parti trop tôt, au contraire on est parti à temps pour réaliser ce projet. Maintenant si on ne veut pas parler de l’Europe, on peut partir le lendemain de l’élection! », ironise « Dany », député européen élu en Allemagne en 2004 qui rejette l’idée d’une campagne anti-Sarkozy mais a proposé un débat au chef de l’Etat sur l’Europe, étant donné qu’ils sont « les deux extra-terrestres » à ne pas voir leur temps de parole décompté par le CSA.
Mme Duflot défend également ardemment « la campagne de propositions » pour une « relance verte » au niveau de l’Europe, mais « cela ne veut pas dire qu’il ne faut pas taper sur Sarkozy ».
La numéro un Verts s’en prend également au NPA qui « critique tout » et refuse « de mettre les mains dans le cambouis », au front de gauche PCF-Parti de Gauche « qui dit qu’on est de droite », et au MoDem: « ils ont zéro programme ». Mais dans la perspective de la présidentielle 2012, elle semble épargner le PS.
D’ailleurs dans deux semaines, le 24 avril, les socialistes remplaceront, pour leur premier meeting de campagne, les « écolos » dans la salle de la Halle aux Grains de Toulouse qui avait accueilli François Mitterrand et a renoué ce mercredi avec les réunions politiques après 25 ans consacrés à la musique.
Source : Le point.fr-AFP
